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En France, le Code de la commande publique (ci-après CCP) encadre les règles de publicité des procédures de consultation lancées par les acheteurs publics en fonction, notamment, du montant des besoins. Si bien qu’au-dessus de certains seuils, les opportunités sont identifiables pour les acteurs économiques à condition de mettre en place des mécanismes de veille adéquats.
Sauf pour certains secteurs ou cas particuliers, les principales règles de publicité sont les suivantes :
Ainsi, en théorie, toute consultation supérieure à 90 000 € est identifiable en France. Cela vaut particulièrement pour les procédures dont la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure aux seuils applicables aux procédures formalisées (voir ci-dessus), car celles-ci doivent être publiées au BOAMP et au JOUE. Pour en savoir plus sur comment utiliser le BOAMP pour identifier les avis de marchés publics en France, vous pouvez lire notre article.
En revanche, pour les consultations comprises entre 40 000 et 90 000 euros HT, elles peuvent être publiées soit dans un journal d'annonces légales, soit sur un profil acheteur. Il conviendra donc de surveiller tous les profils acheteurs et les journaux d’annonces légales.
Le profil d'acheteur permet la dématérialisation complète des procédures de passation des marchés publics. Défini par l'article R. 2132-3 du CPP comme suit : " Le profil d'acheteur est la plateforme de dématérialisation permettant aux acheteurs de mettre les documents de la consultation à la disposition des opérateurs économiques par voie électronique et de recevoir les plis électroniques des candidats et des soumissionnaires. Un arrêté ministériel fixe les fonctionnalités et exigences minimales des profils d'acheteurs."
L’objectif est d’éliminer le recours aux procédures papier, favoriser l’efficacité des processus est assurer une accessibilité importante aux marchés publics pour l’ensemble des acteurs désireux d’y répondre. Sous réserve de remplir les fonctionnalités prévues au CCP, un acheteur a plusieurs solutions pour se doter d’un profil acheteur. Il peut soit développer en interne et avec ses propres moyens une plateforme, soit développer une telle plateforme avec d’autres collectivités (on parle alors de plateformes mutualisées), soit acquérir, louer une plateforme ou une prestation de dématérialisation auprès d’un prestataire.
Si les fonctionnalités et exigences minimales du CPP ne sont pas respectées, le site web n'est pas considéré comme un profil d'acheteur. La difficulté réside dans le fait qu'il existe des milliers de profils d'acheteurs différents.
Si l'État a fait des efforts de mutualisation avec un profil unique via la plateforme PLACE ( site sur lequel sont mutualisés les différents marchés publics qui sont donc accessibles sur la même plate-forme), ce n'est pas le cas de la plupart des collectivités territoriales et de leurs groupements. Certaines ont opté pour des plateformes mutualisées au travers un groupement d'intérêt public ou un syndicat mixte (ex : MEGALIS pour la région Bretagne) ou auprès de prestataires, d'autres ont leur propre plateforme. Face à la pluralité de cette offre, un opérateur économique vigilant devra nécessairement surveiller chacun des profils d'acheteurs afin de disposer d'une veille exhaustive sur les marchés publics.
De ce contexte, il peut en être tiré les constats suivants. Une société qui viserait les marchés publics lancés par des collectivités territoriales relevant de la région Bretagne, en théorie, n'aurait pas besoin de surveiller les sites Internet des acheteurs publics de cette région mais pourrait se limiter à la surveillance du site MEGALIS où sont mutualisées les consultations. La difficulté en revanche est bien réelle pour les échelons territoriaux pour lesquels il n’existe pas de profil acheteur mutualisé. Au niveau des collectivités territoriales , le constat est que plus cette collectivité est grande (et donc plus elle a un volume de consultations important), plus elle aura tendance à créer sa propre plateforme. À titre d’exemple, les villes de Marseille ou de Lyon, et l’immense majorité des vingt plus grandes villes de France vont avoir tendance à publier leurs consultations sur leur propre plateforme créée à cet effet et non pas sur une plateforme mutualisée. En revanche, pour les villes de taille plus modeste, il est constaté qu’elles créent rarement leur propre plateforme de dématérialisation et préfèrent avoir recours à une plateforme mutualisée, qu’elle soit mise en place par une collectivité à échelon supérieur ou qu’elle soit acquise auprès d’un prestataire.
Rappelons-le, les consultations publiées inférieures aux seuils des procédures formalisées doivent être obligatoirement publiées soit au BOAMP soit dans un JAL. Un JAL est un journal habilité à publier des annonces dont le droit impose une publication. La préfecture établit chaque année une liste de ses journaux dans chaque département.
Cela signifie qu’une bonne veille sur les marchés publics devra couvrir l’intégralité des journaux d’annonce légale, soit 471, d’après la dernière liste consolidée des préfectures. En voici quelques exemples :
Outre la veille réglementaire et les profils acheteurs, les entreprises peuvent considérablement renforcer leur veille commerciale en étudiant des exemples concrets d'appels d'offres publics dans leur secteur. Deepbloo propose des pages thématiques qui regroupent les avis de marché réels publiés par les pouvoirs publics français, permettant ainsi aux fournisseurs de mieux comprendre les attentes du marché, les exigences techniques récurrentes et les cycles d'approvisionnement.
Par exemple, les organisations opérant dans le domaine de l' éclairage public peuvent consulter une page dédiée présentant des appels d'offres liés à la rénovation de l'éclairage, à la modernisation des LED, aux systèmes d'éclairage intelligents et aux contrats de maintenance. De même, les entreprises actives dans la distribution, la maintenance ou le développement de réseaux de gaz peuvent consulter des exemples d'appels d'offres concernant l'extension des réseaux de gaz, les systèmes de comptage et les travaux sur les pipelines. Les prestataires de services environnementaux peuvent bénéficier de la page dédiée à la protection de l'environnement, qui comprend des appels d'offres liés à la gestion des déchets, au traitement de l'eau, à la surveillance écologique, à la dépollution des sols, à la conservation de la biodiversité et à d'autres mandats axés sur la durabilité émis par les autorités locales. Ces pages thématiques consacrées aux appels d'offres permettent aux entreprises de comparer les opportunités, d'identifier les tendances en matière d'approvisionnement et d'acquérir une compréhension opérationnelle des priorités à venir du secteur public français.
Au-delà du secteur de l'énergie, la mise en place d'un système de suivi structuré des marchés publics français est tout aussi stratégique dans des domaines fortement territorialisés tels que les transport et mobilité ou le eau. Chaque année, les collectivités locales publient un volume important d'appels d'offres liés à l'exploitation des réseaux de transport, aux services de mobilité urbaine, à la gestion de l'eau potable et aux infrastructures d'assainissement. Dans ces secteurs, les avis de marché sont souvent fragmentés, publiés à des niveaux très locaux et répartis sur de nombreuses plateformes régionales ou profils d'acheteurs, ce qui rend indispensable une approche de veille nationale pour couvrir de manière cohérente toutes les sources pertinentes.
Cela vaut particulièrement pour les domaines techniques tels que traitement de l'eau et le traitement des eaux usées, où les appels d'offres peuvent porter sur des études, des travaux, des contrats d'exploitation et de maintenance ou des équipements hautement spécialisés. L'accès à un système de suivi centralisé permet non seulement d'identifier les appels d'offres publiés, mais aussi de mieux comprendre les stratégies d'investissement des autorités locales et les dynamiques territoriales. Cependant, cette approche diffère considérablement lorsqu'on passe à une échelle internationale. Les questions liées au volume des données, aux barrières linguistiques, aux cadres réglementaires et aux pratiques de publication sont fondamentalement différentes. Pour explorer ces différences méthodologiques plus en profondeur, nous vous invitons à lire notre analyse dédiée : «Suivi des appels d'offres : principales différences entre la France et les marchés internationaux », qui met en évidence les spécificités du suivi national et les compromis nécessaires lorsqu'on s'étend au-delà des frontières françaises.
Pour bien couvrir un territoire donné, il faut mettre en place une veille systématique sur :
Même sur un territoire limité, la surveillance complète des marchés publics nécessite de suivre des centaines de sources différentes. Le simple suivi du TED Europe, du BOAMP et de quelques plateformes nationales ne permettra pas d'obtenir une vue d'ensemble exhaustive. Pour comprendre comment mettre en place un système complet de surveillance des appels d'offres, lisez notre article Qu'est-ce qu'une plateforme de surveillance des appels d'offres ?
En effet, les appels à manifestation d’intérêt qui intéressent tant les développeurs solaires par exemple ou les appels à projets, eux, ne sont soumis, en principe, à aucune règle de publicité. Par voie de conséquence, les appels à manifestation d’intérêt ne seront bien souvent que publiés sur le site de la collectivité locale et nécessitent donc une veille encore plus large, car en la matière il n’existe que très peu de solutions mutualisées et chacune des plus de 36 000 commune française peut potentiellement publier un appel à manifestation d’intérêt sur son propre site Internet.
Lire l'article sur les appels à manifestation d'intérêt.
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