
La veille des appels d'offres est devenue un levier stratégique pour les entreprises, par exemple, positionnées sur les marchés de l'énergie, des infrastructures, de la mobilité ou de l'environnement. Face à la multiplication des sources de publication et à la complexité croissante des projets, deux approches coexistent désormais : la veille manuelle et la veille automatisée.
Contrairement à certaines idées reçues, la veille manuelle n'est pas absurde. Elle offre même de réels avantages, notamment pour les petites structures ou pour des périmètres très ciblés. Cependant, elle atteint rapidement ses limites dès lors que l'on cherche à élargir le champ de vision, à gagner du temps ou à analyser finement les opportunités.
Cet article propose une analyse objective des avantages et des limites de la veille manuelle, comparée à la veille automatisée des appels d'offres, avec un accent particulier sur le secteur de l'énergie.
Le principal avantage de la veille manuelle est évident : elle ne nécessite aucun abonnement. Elle repose sur l'utilisation de plateformes gratuites et la consultation directe des sources de publication. Pour certaines entreprises, notamment celles en phase de démarrage, cet aspect peut être déterminant.
Concrètement, la veille manuelle consiste à identifier les principales plateformes de publication, telles que BOAMP ou TED, à s'abonner aux alertes gratuites lorsqu'elles existent et à consulter régulièrement les sites qui ne proposent pas de notifications automatiques. Cette approche nécessite une discipline et un investissement en temps réguliers, mais elle peut fonctionner lorsque le volume des appels d'offres surveillés reste limité.
La première difficulté structurelle du suivi manuel réside dans l'identification et le suivi des sources pertinentes. Pour mettre en place un système de suivi même minimalement sérieux, il ne suffit pas de consulter une ou deux plateformes nationales. Il est également nécessaire de surveiller les plateformes régionales, les profils d'acheteurs des collectivités locales, certains sites web d'entreprises publiques, ainsi que les portails spécialisés ou les journaux d'annonces légales.
Au niveau national, cela représente rapidement plusieurs centaines de sources. Même au niveau régional, le volume devient difficile à gérer manuellement. C'est précisément ce qui rend un suivi exhaustif irréaliste sans un outil dédié. À ce sujet, l'article de Deepbloo expliquant comment utiliser BOAMP pour identifier les avis de marchés publics en France aide à comprendre clairement le rôle central de cette plateforme, mais aussi ses limites lorsqu'elle est utilisée seule.
Il est important d'être pragmatique. Le suivi manuel peut fonctionner lorsque le champ d'application est très restreint, par exemple au niveau d'un seul service ou pour un nombre limité d'autorités locales bien identifiées. Dans ce cas, il est envisageable de consulter régulièrement les sources pertinentes et de se tenir à jour.
Cependant, dès lors que l'on cherche à couvrir un champ d'application régional, national, européen ou international, la charge de travail devient disproportionnée par rapport aux bénéfices. La multiplication des plateformes et des formats rend l'approche extrêmement fragile et chronophage.
Un autre problème récurrent du suivi manuel est la gestion des doublons. Un même appel d'offres peut être publié simultanément sur BOAMP, sur TED, sur une plateforme régionale et sur le profil acheteur de la collectivité locale concernée.
Sans outil automatisé, il est très difficile d'identifier qu'il s'agit d'un seul et même marché. Cela entraîne une perte de temps, une confusion et parfois même des erreurs d'analyse. À l'inverse, les solutions de veille automatisées intègrent nativement des mécanismes de déduplication qui permettent de traiter chaque opportunité une seule fois.
Dans le cadre d'une veille manuelle, chaque source reste isolée. Il n'existe pas de base de données centralisée permettant d'effectuer une recherche par mot-clé parmi tous les appels d'offres suivis, de filtrer par zone géographique, par acheteur ou par type de service, ou de retrouver facilement un appel d'offres analysé plusieurs semaines auparavant.
Pour pallier cette difficulté, certaines entreprises tentent de créer des outils d'agrégation internes, par exemple à l'aide de tableurs ou de bases de données maison. Mais cette approche nécessite rapidement des compétences techniques, du temps de développement et de maintenance. Dans la pratique, cela revient à reconstruire en partie une plateforme de veille, sans bénéficier de la robustesse d'une solution professionnelle.
La veille manuelle implique également une charge cognitive importante lors de l'analyse des appels d'offres. Chaque appel d'offres doit être ouvert, lu, compris et souvent accompagné du téléchargement de documents supplémentaires tels que le règlement de consultation ou le dossier de consultation des offres.
Une solution parfois envisagée consiste à utiliser des outils d'intelligence artificielle à usage général, tels que ChatGPT, Claude ou Mistral, pour analyser les documents. Mais cette approche suppose que les appels d'offres pertinents aient déjà été identifiés et que l'opération soit répétée pour chaque contrat. Elle devient rapidement chronophage à mesure que le volume augmente.
À l'inverse, la veille automatisée permet une analyse native des contenus et des documents, comme l'explique l'article «Comment l'IA révolutionne la veille des appels d'offres en France et à l'international ? ».

La veille automatisée permet de faire un pas en avant en termes de couverture et d'efficacité. Elle repose sur la capacité à suivre simultanément des centaines, voire des milliers de sources, à agréger les informations en un seul point, à dédupliquer les avis et à proposer des moteurs de recherche avancés.
C'est ce qui rend possible une veille efficace sur des marchés complexes et transversaux, qu'il s'agisse de la mobilité urbaine et des services de transport, de la biodiversité et de l'environnement, ou encore de l'efficacité énergétique et de la performance des bâtiments.
Un point fondamental distingue la veille manuelle de la veille automatisée. La première se limite presque toujours aux appels d'offres déjà publiés. La seconde permet également de suivre des informations en amont, telles que les délibérations des collectivités locales, les autorisations administratives, les avis des autorités environnementales ou les projets d'investissement.
Ces signaux faibles sont extrêmement difficiles à surveiller de manière fiable manuellement, alors qu'ils constituent un avantage concurrentiel majeur pour anticiper les futurs appels d'offres.
Dans le cadre d'une veille manuelle, les entreprises s'appuient souvent presque exclusivement sur les codes CPV pour filtrer les appels d'offres. Cependant, comme le détaille l'article « Codes CPV : comment les utiliser pour identifier efficacement les appels d'offres pertinents ? », cette approche présente de nombreuses limites. Les codes peuvent être mal attribués, trop génériques ou utilisés de manière très différente selon les pays.
La veille automatisée permet de pallier cette contrainte grâce à l'analyse sémantique des contenus et à une réelle compréhension des projets décrits dans les documents.
La veille manuelle peut être pertinente dans des contextes très ciblés, avec un faible volume et un investissement humain important. Cependant, dès lors que l'on souhaite augmenter le volume des appels d'offres surveillés, étendre la zone géographique, combiner plusieurs secteurs ou anticiper des projets, l'automatisation devient non seulement plus efficace, mais aussi plus rentable.
La surveillance automatisée des appels d'offres prend tout son sens dans des secteurs hautement techniques et transversaux tels que les services numériques, les logiciels et les systèmes d'information. Les acheteurs publics lancent de plus en plus souvent des appels d'offres complexes couvrant les infrastructures informatiques, les logiciels d'entreprise, les plateformes de données, la cybersécurité, les services cloud ou les services publics intelligents. Dans ces contextes, s'appuyer sur une surveillance manuelle devient rapidement irréaliste en raison de la diversité des sources, du vocabulaire technique et du chevauchement des domaines. Une approche structurée et automatisée permet de suivre efficacement les opportunités dans les domaines segment du numérique, des logiciels et des systèmes d'information , tout en conservant une vue d'ensemble cohérente et consultable des appels d'offres publiés.
Ce changement d'échelle est encore plus crucial pour des secteurs tels que les télécommunications, les réseaux de données et les villes intelligentes, où les projets couvrent souvent plusieurs domaines, de la connectivité et des capteurs aux plateformes urbaines et aux systèmes de vidéosurveillance. La surveillance automatisée permet aux entreprises de suivre les appels d'offres liés aux télécommunications, aux données et aux villes intelligentes, ainsi que des marchés plus spécifiques tels que la vidéosurveillance, qui s'inscrivent souvent dans le cadre de projets plus larges d'infrastructures numériques ou urbaines. Elle permet également de distinguer plus clairement ce qui peut être surveillé de manière réaliste au niveau local et ce qui nécessite une approche plus large, comme nous l'expliquons dans notre article sur les principales différences entre la surveillance des appels d'offres en France et sur les marchés internationaux.
Le suivi manuel des appels d'offres reste une option viable dans des contextes très localisés. Son principal avantage est son coût nul, mais ses limites sont structurelles : dispersion des sources, manque d'agrégation, manque d'analyse et difficulté à anticiper les projets.
À mesure que les entreprises se développent, que leurs ambitions s'élargissent et que les marchés deviennent plus complexes, la veille automatisée devient un levier stratégique essentiel. C'est précisément pour relever ces défis que des plateformes spécialisées telles que Deepbloo ont été conçues, afin de centraliser les informations, d'analyser les marchés, de détecter les opportunités pertinentes et d'accompagner les entreprises dans leur développement commercial, en France et à l'international.