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Zones industrielles bas carbone (ZIBaC)
par Alexandre Guillemot 7 min de lecture
Les Zones Industrielles Bas Carbone (ZIBaC) sont des territoires qui regroupent plusieurs sites industriels décidés à réduire ensemble leurs émissions de gaz à effet de serre. Plutôt que de laisser chaque usine investir seule, l’approche consiste à mutualiser les infrastructures de décarbonation à l’échelle d’un bassin : captage et transport du CO₂, production et distribution d’hydrogène bas carbone, réseaux de chaleur, renforcement des réseaux électriques ou récupération de la chaleur perdue. L’objectif est de transformer les grands pôles industriels français en écosystèmes plus sobres, plus compétitifs et plus attractifs.
Derrière cet acronyme se cache un dispositif public concret, doté d’un financement dédié, qui génère un flux continu de marchés publics : études, ingénierie, travaux et équipements. Cet article explique ce que sont les ZIBaC, où en est le programme en 2026, et comment identifier les appels d’offres qui en découlent.
Qu’est-ce qu’une zone industrielle bas carbone ?
Une ZIBaC n’est pas une usine, ni une entreprise : c’est un périmètre géographique qui rassemble des industriels, des gestionnaires d’infrastructures, des collectivités et des acteurs de l’énergie autour d’une même trajectoire de décarbonation. Ces zones sont souvent des plateformes industrialo-portuaires ou des bassins chimiques historiques, c’est-à-dire les endroits où se concentrent les émissions les plus difficiles à réduire.
L’idée directrice est simple : beaucoup de solutions de décarbonation ne sont rentables qu’à grande échelle. Un réseau de captage et de transport du CO₂, une canalisation d’hydrogène ou un réseau de chaleur ne se justifient que si plusieurs industriels les partagent. En traitant la zone comme un système, et non comme une addition de sites isolés, les ZIBaC rendent possibles des investissements qu’aucune entreprise ne financerait seule.
L’appel à projets ZIBaC : le cadre France 2030
Le dispositif a été lancé dans le cadre de France 2030, le grand plan d’investissement de l’État, et il est opéré par l’ADEME (l’Agence de la transition écologique). Une première vague, l’appel à projets « ZIBaC phase 1 : maturation », a été ouverte en 2022 pour identifier et accompagner les zones industrielles les plus émettrices du pays et les aider à bâtir leur trajectoire de décarbonation.
Les premiers lauréats ont été annoncés progressivement à partir de janvier 2023 : les zones industrialo-portuaires de Dunkerque et de Fos-sur-Mer en janvier 2023, l’axe Le Havre, Port-Jérôme et Rouen en Normandie au printemps 2023, puis l’estuaire de la Loire autour de Saint-Nazaire à l’été 2023. D’autres territoires les ont rejoints, parmi lesquels la vallée de la chimie de Lyon, le bassin de Lacq ou encore la métropole de Bordeaux (Bassens et Ambès). Au total, la sélection a couvert une dizaine de zones parmi les plus émettrices de France, celles qui concentrent l’essentiel des émissions industrielles nationales.
Des écosystèmes industriels collaboratifs
Le cœur du modèle ZIBaC est la coopération. Sur un même bassin, des entreprises qui sont parfois concurrentes acceptent de partager des infrastructures et de coordonner leurs investissements. Les briques technologiques mises en commun sont les grands leviers de la décarbonation industrielle :
- le captage, le transport et le stockage du CO₂ (les chaînes dites CCUS), pour les émissions qu’on ne peut pas éviter autrement ;
- la production et la distribution d’hydrogène bas carbone, qui remplace les combustibles fossiles dans de nombreux procédés ;
- les réseaux de chaleur et la récupération de la chaleur fatale, pour réutiliser l’énergie perdue par un site au profit d’un autre ;
- le renforcement des réseaux électriques et le stockage d’énergie, indispensables à l’électrification des usages ;
- l’efficacité énergétique et les boucles d’économie circulaire, qui réduisent la consommation à la source.
Chaque zone construit ainsi sa propre feuille de route, adaptée à son tissu industriel, avec une gouvernance partagée qui réunit les acteurs publics et privés autour de la table.
ZIBaC phase 2 : de la trajectoire aux investissements
Le programme est entré dans une nouvelle étape. Après la phase de « maturation », l’ADEME a lancé une phase 2, dite « accompagnement », dont le cahier des charges a été approuvé par un arrêté du 8 avril 2025. Cette seconde phase est réservée aux lauréats de la phase 1 : il s’agit de les aider à passer de la trajectoire théorique à sa mise en œuvre concrète, à travers des études de faisabilité, la consolidation de leur gouvernance, puis des investissements structurants, des expérimentations et des synergies entre sites.
Concrètement, l’appel à projets phase 2 est ouvert du 28 avril 2025 jusqu’au 10 juin 2028, avec des dates de dépôt semestrielles, généralement autour du 10 juin et du 10 décembre de chaque année. Le soutien est significatif : d’après le cahier des charges publié par l’ADEME, l’aide est modulée selon le volume d’émissions de la zone et peut atteindre jusqu’à 20 millions d’euros pour les sites les plus émetteurs. Ce calendrier long, qui s’étend jusqu’en 2028, garantit que les ZIBaC continueront à générer des marchés pendant plusieurs années.
Quels appels d’offres et marchés publics en découlent ?
Pour une entreprise qui vend des solutions de décarbonation, une ZIBaC est un réservoir d’opportunités. Chaque zone déclenche, à mesure que ses projets avancent, des consultations très variées : études de trajectoire et d’ingénierie, missions d’assistance à maîtrise d’ouvrage, marchés de travaux pour les réseaux partagés, fourniture d’équipements, contrats d’exploitation et de maintenance. Ces besoins ne se limitent pas à l’énergie : ils touchent aussi la valorisation des déchets, les études environnementales et le suivi environnemental des installations.
La difficulté n’est pas le manque d’opportunités, mais leur dispersion. Les consultations sont publiées par des acteurs très différents (industriels, ports, collectivités, agences publiques), sur des centaines de plateformes, sous des intitulés qui ne mentionnent pas toujours le mot « décarbonation ». Un marché d’infrastructure ZIBaC peut apparaître comme un simple marché de travaux ou d’ingénierie, et passer sous le radar d’une recherche par mots-clés. Pour comprendre comment ces opportunités s’inscrivent dans le paysage plus large des infrastructures énergétiques, une veille structurée est indispensable.
Comment repérer ces opportunités avec Deepbloo
C’est précisément le rôle d’une plateforme de veille des marchés publics. Plutôt que de surveiller à la main des dizaines de sources, l’entreprise centralise en un seul endroit l’ensemble des appels d’offres, des avis de marché et des appels à projets pertinents. Trois réflexes font la différence :
- Mettre en place une veille automatisée. Une veille des marchés publics français bien paramétrée capte les nouvelles consultations dès leur publication, sans dépendre d’une vérification manuelle.
- Aller au-delà des codes CPV. Les codes CPV, qui classent les marchés publics européens, sont souvent trop génériques pour isoler un lot de décarbonation caché dans un marché de travaux plus large. L’analyse du contenu réel des documents devient alors décisive.
- Ne pas oublier les sources officielles. Une part des consultations passe par le BOAMP, le bulletin officiel des annonces des marchés publics, qu’il faut savoir exploiter efficacement.
Deepbloo applique cette logique à l’échelle nationale et internationale : la plateforme collecte les appels d’offres sur des centaines de sources, analyse le contenu des documents pour détecter les lots réellement liés à la décarbonation, et alerte l’entreprise sur les opportunités qui correspondent à son activité. Un fournisseur d’hydrogène, un ensemblier de réseaux de chaleur ou un bureau d’études environnementales peut ainsi suivre l’avancement des ZIBaC sans rien laisser passer.
En résumé
Les Zones Industrielles Bas Carbone sont l’un des leviers majeurs de la réindustrialisation bas carbone en France. Financées par France 2030 et pilotées par l’ADEME, elles mutualisent les infrastructures de décarbonation à l’échelle des plus grands bassins industriels du pays, et leur phase 2 court jusqu’en 2028. Pour les entreprises du secteur, elles représentent des années de marchés publics à venir. Encore faut-il les repérer à temps : c’est là qu’une plateforme de veille des appels d’offres fait toute la différence.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une ZIBaC (Zone Industrielle Bas Carbone) ?
Une ZIBaC est un périmètre géographique qui rassemble plusieurs sites industriels, des gestionnaires d'infrastructures et des collectivités autour d'une trajectoire commune de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'objectif est de mutualiser des infrastructures de décarbonation (captage du CO₂, hydrogène, réseaux de chaleur, réseaux électriques) qui ne seraient pas rentables pour un seul industriel.
Qui finance les ZIBaC et qui pilote le dispositif ?
Le dispositif est financé dans le cadre de France 2030, le plan d'investissement de l'État, et il est opéré par l'ADEME, l'Agence de la transition écologique. Le soutien prend la forme de subventions.
Quelles zones industrielles ont été retenues ?
La phase 1 a sélectionné une dizaine des zones industrielles les plus émettrices de France, parmi lesquelles Dunkerque, Fos-sur-Mer, l'axe Le Havre, Port-Jérôme et Rouen, l'estuaire de la Loire autour de Saint-Nazaire, la vallée de la chimie de Lyon, le bassin de Lacq et la métropole de Bordeaux.
Jusqu'à quand l'appel à projets ZIBaC phase 2 est-il ouvert ?
La phase 2, dite « accompagnement » et réservée aux lauréats de la phase 1, est ouverte du 28 avril 2025 au 10 juin 2028, avec des dates de dépôt semestrielles situées autour du 10 juin et du 10 décembre de chaque année.
Quels appels d'offres les ZIBaC génèrent-elles ?
Les ZIBaC déclenchent des consultations variées : études de trajectoire et d'ingénierie, assistance à maîtrise d'ouvrage, marchés de travaux pour les réseaux partagés (CO₂, hydrogène, chaleur), fourniture d'équipements, contrats d'exploitation et de maintenance, ainsi que des études environnementales.